Oeuvres

Rothko était un grand travailleur ; son catalogue raisonné recense 834 tableaux dont 424 avec ses fameux colorfield. C’était également un intellectuel qui aimait la musique, la littérature et la philosophie, plus particulièrement les écrits de Nietzsche et la mythologie grecque. Influencé par l'œuvre d'Henri Matisse – à qui il a d'ailleurs consacré un hommage dans une de ses toiles – Rothko occupe une place singulière au sein de l'École de New York. « Je me dispute avec l’art surréaliste et abstrait comme on se dispute avec son père et sa mère, en reconnaissant le caractère inévitable et la fonction de mes racines, mais en insistant sur ma dissension : moi étant à la fois eux et un entier complètement indépendant d’eux. » Ecrits sur l’art[9] Après avoir expérimenté l'expressionnisme abstrait (mouvement artistique dans lequel il côtoiera notamment Jackson Pollock et Adolph Gottlieb) et le surréalisme, il développe à la fin des années 1940 une nouvelle façon de peindre. En effet, hostile à l'expressionnisme de l'action painting, Rothko (ainsi que Barnett Newman et Clyfford Still) invente une nouvelle façon, méditative, de peindre[10], que le critique Clement Greenberg définira comme le Colorfield Painting, littéralement « peinture en champs de couleur »[10]. Dans ses toiles, en effet, il s’exprime exclusivement par le moyen de la couleur qu’il pose sur la toile en aplats à bords indécis, en surfaces mouvantes, parfois monochromes et parfois composées de bandes diversement colorées. Il atteint ainsi une dimension spirituelle particulièrement sensible[10].

Tableau Jaune Tableau Rouge Tableau Rose